Scolarisation des élèves allophones

« Tout enfant a droit à une formation scolaire ». Ainsi,  la scolarisation des enfants nouvellement arrivés en France est-elle inscrite dans le code de l’éducation et reprise dans la loi de refondation de juillet 2013.  Quelle est la situation dans les Pays de Loire ?

La situation en Loire Atlantique

En Loire-Atlantique, par exemple, les candidats qui postulent sur les postes CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des enfants Allophones Nouvellement Arrivés : présentation du service plus bas dans l’article) ont de très bons profils.

Le problème se situe plutôt dans les  arrivées nombreuses en cours d’année, alors que les moyens sont fixés en septembre.

Les moyens suffisants en septembre ne le sont plus aujourd’hui.

Affectations de rentrée dans le 44
En janvier 2018, M Carrière n’a pas répondu favorablement à la demande de moyens provisoires supplémentaires. On  avait pourtant parlé au membres du CASNAV  de postes en renfort.
Le  CASNAV 44 est vraiment saturé et de nombreux élèves n’ont pas de prise en charge spécifique en français langue de scolarisation. Ceux qui ont une prise en charge bénéficient de 3 à 4h par semaine, ce qui est insuffisant pour certains profils d’élèves…
Quels sont les droits à scolarisation des élèves allophones ? Quelle est la situation en Loire-Atlantique ? Quelles sont les demandes du Sgen-CFDT ?

Dans le premier degré, le CASNAV fonctionne  à moyen constant par rapport à l’an passé (la création de poste de la rentrée n’a fait qu’enterriner un moyen provisoire que nous avions déjà).

Centre Académique pour la Scolarisation des élèves allophones Nouvellement Arrivés et des élèves issus de familles itinérantes et de Voyageurs (CASNAV 44)

Rappel historique

Dès 1970, la France créait les premières classes d’initiation.  Aujourd’hui, des directives européennes (conseil de l’Europe, cadre européen pour les langues) obligent les États membres à rénover l’offre de scolarisation.

scolariser tous les élèves
Tous les enfants ont droit à l’école

Accompagnement : CASNAV et UPE2A

Depuis le début des années 2000, les classes d’accueil ouvertes ou les dispositifs d’accueil tels UPE2A , Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants, s’organisent à partir des CASNAV , Centre Académique pour la Scolarisation des enfants Allophones Nouvellement Arrivés dont une circulaire du 02/10/2012 définit les missions et l’organisation.

Il convient aujourd’hui de développer la formation des personnels accueillant ces élèves : enseignants des classes ordinaires et enseignants d’UPE2A. En effet, l’offre de formations organisées par les CASNAV inscrites au PAF, plan académique de formation, est très variable d’une académie à l’autre. Pour le Sgen-CFDT, il faut multiplier les modules mis à disposition des équipes et les formations en circonscription.

État des lieux national

Une enquête des cahiers pédagogiques de 2004 pointe les difficultés relationnelles mais aussi pédagogiques des équipes concernées : manque de temps, d’accompagnement, hétérogénéité des classes qui entravent le suivi individuel nécessaire. (parfois plus d’une vingtaine d’élèves accueillis en UPE2A d’origines très différentes).

La plupart des enseignants soulignent alors le manque de formation, d’aide, de conseils, de supports didactiques utilisables en classe ordinaire, directement lié à la réactivité des CASNAV.

Les académies d’accueil telles Versailles, Créteil, Lyon, Strasbourg ainsi que quelques unes volontaires ont développé les outils à disposition telles livrets d’accueil, pilotage des CASNAV, UPE2A.

De trop nombreux jeunes sont encore en attente d’affectation…

Plus de 50 000 élèves allophones étaient comptabilisés dans les écoles et établissement en 2015 (source – DEPP, direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance).  75% sont pris en charge dans un dispositif tel l’ UPE2A …Pourtant, de trop nombreux jeunes restent en attente d’affectation : 1800 fin 2015. La précarité des logements, les expulsions, l’insuffisance des moyens donnés aux familles, les délais parfois importants de prise en charge par les CASNAV sont autant de freins à la scolarisation des élèves allophones.

Perspectives

Alors que l’école inclusive est une obligation, force est de constater que certaines familles se voient refuser l’accès à l’école au prétexte qu’il leur manque des documents administratifs. C’est inacceptable et le Sgen-CFDT se bat avec la CFDT, membre du collectif pour la scolarisation des enfants de migrants,  pour faire respecter le droit à l’École de tous les enfants. Le Sgen-CFDT revendique l’accompagnement et la formation de tous les personnels pour un accueil et une scolarisation de qualité.

Il convient donc de développer l’accueil et la scolarisation de tous, de la maternelle à l’âge adulte en favorisant :

  • la création de dispositifs tels UPE2A à hauteur des besoins,
  • la formation des équipes au traitement de la différence,
  • le développement des MLDS , mission de lutte contre le décrochage scolaire,
  • le développement de l’accompagnement par les CASNAV et  les CIO , centre d’information et d’orientation,
  • la multiplication des outils mis à disposition des équipes : FLE, FLS…

Pour le Sgen-CFDT

Toutes les équipes doivent bénéficier d’un accompagnement adapté. De nombreux élèves allophones sont accueillis dans les classes ordinaires, il est indispensable de dégager le temps nécessaire à la formation des équipes, aux rencontres des partenaires, à l’accompagnement des enseignant·es.

L’accueil des migrants est concentré sur quelques départements d’île de France, du Grand Est, d’Auvergne-Rhône-Alpes ou de l’académie d’Aix-Marseille, il convient donc d’en tenir compte lors de la répartition des moyens entre académies, départements, écoles et établissements.

Pour le Sgen-CFDT, il est donc urgent de rappeler la réglementation en vigueur et de donner aux équipes pédagogiques les moyens humains, la formation et l’accompagnement indispensables pour pour un accueil de qualité et une scolarisation profitable à tous les élèves.  Cela passe par :

  • l’obligation de scolariser tous les élèves,
  • le travail en partenariat au sein et hors de l’Éducation nationale,
  • la formation initiale et continue des équipes,
  • la mise à disposition d’outils performants,
  • l’obligation de mixité sociale et scolaire.

Le développement de l’éducation inclusive, pour une société inclusive, ne peut être soumis à la volonté individuelle de certain·es, c’est une obligation qu’il convient d’accompagner d’une volonté politique : les mairies, conseils généraux et régionaux, préfets, tous les élus doivent eux aussi être engagés dans cette obligation nationale.