À nos adhérent·es : notre position sur la grève du 6 octobre

Notre syndicat académique (Pays de la Loire) n'a pas signé le communiqué intersyndical local appelant à la grève du mardi 6 octobre. Nous partageons cependant une grande partie des revendications, il est donc important de vous expliquer les raisons de ce choix et notre avis sur cette mobilisation.

Pourquoi nous n’avons pas signé l’appel à la grève du 6 octobre ?

De notre point de vue, le communiqué national (signé par notre fédération) comme le communiqué académique d’appel à la grève du 6 octobre auraient dû débuter par le soutien aux personnels victimes de violence et la condamnation des violences matérielles qui affectent nos lieux d’exercice. C’est un préalable indispensable. Le réaffirmer ce n’est en rien cautionner les violences policières ni invisibiliser la légitimité des revendications lycéennes pour de meilleures conditions d’étude, des professeurs en nombre suffisant, des rythmes scolaires plus respectueux… Nous portons ces revendications depuis des années, est-ce nécessaire de le rappeler ?
Nous pensons qu’il faut tenir un discours clair. Condamner la violence d’où qu’elle vienne, protéger les personnel·le·s, les élèves, et nos lieux de travail, écouter les revendications des lycéens et y apporter rapidement des réponses à la hauteur. Nommer clairement les choses est un impératif pour ne pas contribuer à la relativisation de l’intolérable. Ne pas faire le jeu du campisme, ne pas ajouter au malheur du monde.

Une décision démocratique

Pas de côté

Alors oui, nous sommes en désaccord avec notre fédération : bienvenue dans un syndicat démocratique ! À la CFDT personne ne dicte aux autres ce qu’il ou elle doit faire et c’est ce qui nous unit.

C’est ce principe qui nous a poussés à consulter les membres du conseil syndical tout le week-end et jusqu’à lundi 5 octobre afin de construire notre position. Les témoignages et les ressentis sont très divers, reflétant souvent la réalité vécue sur le terrain. Ainsi, on nous relate une mobilisation respectueuse et organisée à certains endroits, violente et stérile à d’autres.
Besoin de montrer aux élèves que nous sommes solidaires de leurs revendications, réticence à manifester dans un contexte potentiellement violent, souhait d’encadrer et d’accompagner les élèves pour éviter les débordements, crainte de la récupération politique. Ainsi, les opinions de chacun montrent une réalité faite de mille nuances. Il n’est jamais inutile dans des moments de crise, où nous sommes sommés d’avoir immédiatement des avis tranchés, de prendre le temps de faire un pas de côté pour se rappeler la complexité du monde.

Et pour mardi 6 octobre ?

Nous estimons donc qu’il ne peut y avoir de réponse unique. Ainsi, chacun·e, dans son lycée, son quartier, sa ville est le plus à même de décider, avec ses collègues, ce qui convient le mieux pour son établissement. C’est d’ailleurs à cette échelle que s’est construit le mouvement lycéen et qu’il nous apparait pertinent de l’accompagner dans l’immédiat.
Nous invitons nos adhérent·es et tous les personnel·les à continuer de recueillir la parole lycéenne. Continuer à épauler les jeunes sincères et engagé·es dans leur prise de conscience politique et à les aider à être entendu·es et écouté·es à tous les niveaux.

Vous trouverez ici un communiqué de presse de la CDFT.

Condamner les violences, protéger les personnels, entendre les lycéens

“Hey les gars !” – Violence de la police, hier ?