CTSD 44

Organiser et manipuler la pénurie plutôt que de proposer de vraies réformes concertées et construites avec les personnels concernés, telle est la musique expérimentale jouée par le Ministère. La « priorité au primaire » ne peut pas se faire par un redéploiement de moyens...

Un ministre de la communication (ou de l’éducation ?)CTSD 44

Plus d’un mois après la rentrée, la partition jouée par le Ministère laisse entendre des dissonances. Telle une ritournelle, les opérations de communication de M.Blanquer se succèdent. Si elles peuvent convenir aux journalistes avides de petites phrases et autres polémiques stériles, elles ne conviennent pas à des professionnels maîtrisant les dossiers et essayant d’assurer une continuité du service public.

Réductions de postes dans le second degré

Première dissonance, les réformes du Bac et du Lycée. Elles ne répondent pas aux enjeux d’accompagnement des élèves et de construction progressive de leur parcours. Les arbitrages, décrets et circulaires du ministre annoncent une dégradation des conditions d’apprentissage des lycéens et des conditions de travail des personnels d’enseignement, de direction et d’administration. La diminution annoncée de 2650 postes générera heures supplémentaires, recours à l’emploi contractuel et augmentation du nombre moyen d’élèves par classe.

Comment renforcer un accompagnement nécessaire à la réussite de tous les élèves dans ces conditions ?

 

Inquiétude dans les lycées professionnels

Deuxième dissonance, la réforme de la voie professionnelle. Les propositions de M.Blanquer alimentent les inquiétudes des collègues PLP dans le contexte de suppressions de postes annoncées dans la Fonction Publique.
Le Sgen-CFDT souscrit aux deux principes énoncés concernant les propositions d’évolution des grilles horaires des bacs professionnels et des CAP : ramener les heures élèves à un volume raisonnable de 30 h hebdomadaires, proposer un enseignement avec des dédoublements en hausse et des pratiques pédagogiques, comme la co-intervention, visant à permettre aux élèves de mieux percevoir le sens de leur apprentissage.
Mais une rénovation de la voie professionnelle doit améliorer les conditions de travail des enseignants au même titre que les conditions d’apprentissage des élèves.

Le Sgen-CFDT regrette une perte substantielle d’heures par discipline et demande une programmation pluriannuelle des emplois.

Suppression de postes administratifs

CTSD 44Troisième dissonance, la suppression de 400 postes de personnels administratifs alors que le Ministère de l’Éducation Nationale est déjà celui qui compte le moins de gestionnaires par agent et que le nombre d’élèves à gérer augmente.

Organiser et manipuler la pénurie plutôt que de proposer de vraies réformes concertées et construites avec les personnels concernés, telle est la musique expérimentale jouée par le Ministère. La « priorité au primaire » ne peut pas se faire par un redéploiement de moyens.

C’est pour cette raison que le Sgen-CFDT appelle, avec les organisations syndicales FSU et UNSA-Education, les personnels de l’Éducation nationale à une journée de grève le 12 novembre prochain.

État des lieux par secteur

Concernant les écoles :

Nous constatons que les prévisions d’effectifs ont été réalisées à cette rentrée. La réduction importante de stagiaires 2018 n’avait aucune légitimité démographique à part le choix politique d’embauches de contractuels. A ce sujet, le Sgen-CFDT exprime à nouveau son désaccord car cette décision nuit à une formation de qualité des personnels de l’Education nationale.
D’autre part, nous avons pris acte de la nomination d’un enseignant sur la maternelle Jacques Prévert à Clisson. Cependant, nous nous interrogeons sur la nature de ce support supplémentaire : est-ce l’annulation de la fermeture annoncée ou un poste en plus attribué pour l’année scolaire ?

Concernant les collèges :

Les effectifs par classe sont dans certains cas très élevés, même en REP ou REP +, et parfois sur plusieurs niveaux.
Ils induisent des situations d’accueil inacceptables, en particulier pour les élèves relevant de structures telles les ULIS ou les ITEP : limitation des possibilités d’inclusion ou de temps partagés avec des élèves inscrits en ITEP.

L’accueil d’élèves allophones toujours plus nombreux, met en difficultés pédagogiques et humaines de nombreux collègues. La plupart des enseignants ne sont pas formés. L’accompagnement par des enseignants spécialisés est insuffisant et on en arrive à des situations où un élève est sollicité sur ses heures de cours pour intervenir comme interprète

Nous avons des retours de plusieurs établissements concernant des situations de tensions dès le début de l’année scolaire avec le chef d’établissement en raison de manques de communication ou de problèmes d’ organisation récurrents.

Concernant les lycées :

Les effectifs par classe sont dans certains cas très élevés : 15 lycées sur 25 ont des 2ndes à 35 élèves en moyenne et 12 lycées des 1ères à 35

Concernant les LP :

  • Comment expliquer la différence d’environ 400 places entre les capacités théoriques et les places occupées ?
  • Où sont scolarisés ces élèves ?
  • Avez-vous connaissance du taux d’évaporation après le 1er trimestre ?

Pour terminer, nous dénonçons la resectorisation des assistants·es sociaux.les à moyens constants alors que des établissements nouveaux (collèges ou lycées) ouvrent tous les ans.

Télécharger la déclaration CTSD 16 octobre

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